Coin
du poète
DRAPEAU
DE LA PAIX

Hé
! Toi blanchette qui foule la terre de mes aïeux
Dis-moi
ce que tu y fais
Veux-tu
éclairer nos nuits de ta peau ?
Tes
yeux devinent mieux la nuit que moi
Mais
je remercie la terre qui déteint sur mon regard
Hé
! Toi chef noir apprend moi ta vie…
Ma
vie, tu n’en as rien à faire
Tes
aïeux ont embarqué les miens
Ils
ont construit de force ta civilisation
Hier
tu me chicotais
Aujourd’hui
tu me tends la main
Pourquoi
?
Je
n’ai pas choisi l’histoire de ma France,
ni
l’histoire de ton Afrique
Mais
nous pouvons ensemble écrire
L’histoire
du monde qui est devant nous
C’est
moi qui vient à toi pour savoir qui tu es
Ainsi
prends la main que je te tends
Et
je répondrai à ta plume qui me connaît mal
au fond
Ah
oui ! Tu veux savoir qui je suis
Je
suis petit fils d’esclave
Je
suis le descendant de Kunta Kinté
Moi
je sais qui tu es
Descendante
de maîtres d’esclaves
Dis-moi
si tes ancêtres ne t’en voudront pas
Pour
vouloir refaire ce qu’ils ont défait
L’injustice
est à défaire
Et,
si mes ancêtres m’en veulent,
Je
n’en ai que faire
Ne
salissons pas nos liens homme frère
Pas
de fouet entre nous
Je
viens ici en terrain ami
Prends
donc cette main que je te tends.
Alors
je la prends !
Que
ferons nous donc ?
Penses-tu
que Black and White
Peuvent
construire un monde meilleur ?
En
tout cas, moi, je suis en retard.
Qu’en
penses-tu sœur ?
Tu
as ton retard, j’ai le mien
Ton
regard guidera le mien
Et
mes pas seront les tiens
Ma
plume salue ta plume
Je
n’ai pas partagé ton mal
Mais
je partage tes mots.
Bien
sœur !
Hissons
donc le drapeau de la paix.
Mari-âme
(bénévole française) et Lasbath (Bénévole
togolais)
Hahotoé,
le 19 Février 2009
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GANVIE
Lorsque
le soir, revenant de l’école,
Avec dans ma peau une fatigue inouïe,
Adossé au mur en béton
De ma chambre citadine,
Je pense à toi… !
Lorsque
la chaleur devient suffocante,
Et que partout se raréfie l’air moite,
Et que le sourd vacarme monotone
De ces encombrantes machines m’agace,
Je pense à toi… !
Lorsque
ces résultantes du progrès scientifique
S’acharnent sur mon innocent être,
Pour ternir en moi le souvenir charnel
De la tiédeur permanente de ton atmosphère,
Je pense à toi… !
Je
pense à tes pilotis belle Ganvié !
Oui ! Belle Ganvié je pense à toi.
Je pense à tes sika-sika (1)
à tes dégons (2)
à tes agassa (3)
Je pense à ces soirs où seul
Avec toi, ; tu me ravivais le cœur.
Je pense à l’horizontalité de ta surface
Aux chants consolants de tes ondes
Qui me confirment ta fidèle amitié.
Je pense à ces braves femmes
Qui assises dans leurs pirogues,
Avec à leurs dos, leurs bébés accrochés,
Rament indifférentes à toutes peines en douceur.
Je
dis non !!! Laissez-moi m’en aller.
Je ne peux plus supporter ce calvaire d’exil
Ce séjour étranger
Ces jours loin de toi.
NON !!!
Dis-je ! Laissez-moi…
Laissez-moi rompre les maudites chaînes
De l’infâme acculturation
Et marcher s’il le faut cahin-caha vers toi ;
Car enfin faut-il que j’honore ce serment prêté
devant toi :
" resté tien jusqu’à mon dernier souffle "
parce qu’après tout, chez toi, m’attendent
Le réconfort et l’espérance.
Mère Ganvié ! Ganvié chérie ! Belle
Ganvié !
Je pense à toi
(1)
: nom de carpe en langue Fon du Bénin
(2) : crevettes en langue Fon du Bénin
(3) : crabe en langue Fon du bénin
Lasbath
Lomé,
le 1er août 1998

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AFRIQUE
Afrique,
regarde moi encore
Avec
la chaleur de tes yeux
Tes
pupilles vertes rafraîchissent un peu mes pensées
bétonnées.
Je
me noie volontaire dans ton eau si précieuse.
Afrique,
chante moi encore le refrain du vent
Qui
caresse mon cou moite.
Tes
cris me disent ta soif de vivre
Je
me laisse entraîner par le bruit de tes villes
Afrique,
inspire moi encore
En
mettant du piment dans mes valeurs
Tu
me nourris par la simplicité de tes gestes
Je
respire ton parfum ocre
Afrique,
prends moi la main encore
Viens
changer la couleur de mon cœur
Tu
redonnes à mon âme son authenticité
Je
me blottis dans le creux de tes bras
Qui
ne se refusent jamais à moi.
Mari-âme
(bénévole Française)
Hahotoé
le 17 février 2009
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POEME
Toi là-bas qui regarde
le ciel,
moi ici qui ne le vois plus,
J'aimerais pouvoir te donner mes ailes,
Auxquelles mon espoir est inclus,
Je ne sais pas grand chose de
toi,
je ne sais pas grand chose de moi,
mais je sais qu'un jour je serais là,
Pour te soutenir et te tendre mes bras !
Toi, c'est le peuple vrai aux
valeurs simples mais véritable,
Moi c'est l'homme qui est humble et au coeur serviable...
Ma vie est à ton service,
si tu la Veux prend là, moi je ne m'en sers pas,
Car là où je vis elle ne sert à rien,
Si ce n'est peut-être à l'appât du gain...
Le monde a besoin de vous plus
que de nous.`
Âme-Staff
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PRIERE DU POETE
Sainte Afrique
!
Regarde
ton église
Noircie
par ces atrocités de rebellions et de génocides.
Lève
ta main droite,
Et
gratifie ton peuple de ta sainteté.
D’un
souffle, divise le Nil,
Pour
que passent ces milliers de réfugiés
Vers
la terre promise.
Donne
à ma plume,
Le
pouvoir de créer des synagogues
Sur
kilimadjaro, pour viennent en masse
Ces
populations prier le dieu LIBERTE,
Par
l’intercession de son unique PAIX,
Mort
pour nos péchés, au cours des alternances.
O
! Sainte Afrique ! Berceau de l’humanité !
Rebâtis
ton église où
Toutes
les bougies politiques, socio-économiques,
S’allumeront
chaque matin,
Par
les puissances de l’esprit saint RECONCILIATION NATIONALE.
Amen.
Lasbath
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ORPHELIN !
Je suis
orphelin
Je
suis né orphelin
Mon
premier cri sur terre est orphelin
Mon
regard éblouissant est orphelin
Ma
voix candide et innocente est orpheline.
Oui
! Je suis orphelin !
Orphelin
d’Afrique
La
Rhodésie est ma mère
Le
Rwanda est mon père
Mes
chères tantes Ethiopie et Sierra Leone
Ont
péri dans le massacre des canons
Angola,
Libéria, Soweto sont mes oncles
L’esclavage
est ma marâtre
Et
depuis je flanche sur le joug de la misère.
Je
vais bizarre sur des chemins de dictature
Je
vole dans des airs pollués de gourmandise politique
Je
bois des eaux souillées de rebellions
Je
dors sur des nattes corrompues.
Orphelin
que je suis, Je n’ai ni voix pour parler
Ni
oreille pour entendre
Ni
bouche pour défendre
Ni
œil pour voir
Ni
jambes pour fuir les balles meurtrières.
Je
n’ai que pour seule arme ma poésie
Pour
chanter l’amour
Pour
hurler la paix
Et
crier à la liberté.
Je
suis orphelin
Et
je demande pardon pour l’Afrique.
Lasbath